Absence chronique ces derniers mois, il faut croire que j'ai été trop occupée. Merci à ceux mais surtout à celles qui se sont inquiétées ! Occupée donc, par du professionnel beaucoup, du
privé un peu et puis le sentiment d'une période de transition. Je vous parlais d'un second souffle la dernière fois alors je me suis efforcée de suivre ce nouveau courant. Succès
relatif.Toujours l'immense désert affectif et surtout sexuel.
Mais aujourd'hui je voulais vous parler d'un mal qui m'affecte depuis plusieurs années. Je fais des fixettes, sur des hommes, pendant de plus ou moins courtes périodes. J'en arrive à me persuader que je suis amoureuse de ces hommes, toujours inaccessibles et un beau matin, je me réveille et je passe à autre chose (malheureusement souvent à une nouvelle fixette) et j'en arrive par la suite à me demander ce que j'ai pu trouver à l'objet du désir passé.
En effet, je tombe toujours "amoureuse" d'une image, en réalité, je fantasme la personne et plus je vais la connaître, moins cela va correspondre à l'image que je m'en étais faite et du coup je ne suis plus intéressée, je suis même déçue.
Le processus est souvent le suivant :
- repérage de la cible : souvent quelqu'un que je connais depuis quelques temps, sur lequel je ne m'étais jamais arrêté et puis pour une bêtise, je vais me mettre à le repérer, à dresser la liste de ses qualités et la fixette commence.
- mise en place de la passion : les rêves jouent un rôle très important à ce moment. En effet, je peux rêver chaque soir de cette personne, pendant des semaines d'affilées. Je pense sans cesse à lui, je lui souris quand je le vois, bref, c'est une période assez heureuse. Lorsque je pose mes yeux sur lui, j'ai envie de lui enlever chacun de ses vêtements avec lenteur et glisser mes lèvres sur les siennes.
- crise de la fixette : je me mets à chercher le maximum de données sur cette personne, je lui pose des tonnes de question, fait mon maximum pour le croiser sans cesse, va chercher sur Internet des photos ou des vidéos, espionne ses moindres faits et gestes. Une sorte de folie obscessionnelle s'empare de moi.
- passsion/souffrance : je me rends compte de mon addiction, parallélement, je constate que cet homme est inaccessible, je commence à tenter de m'en détacher. C'est là que je crois voir sa silhouette à chaque coin de rue, que je sens son parfum la nuit, que j'imagine des plans pour qu'il quitte sa copine ou que nous nous retrouvions seuls.
- déclinaison : comme après une rupture, je me reconstruis. Je promets que ça n'arrivera plus, je me souviens du passé avec émotion et je lèche lentement mes blessures...
Verdict ? Suis-je folle à lier ?
Ce qui me rassure, c'est qu'à aucun moment je ne m'imagine que l'autre ressent quelque chose pour moi, je ne donne pas dans la tendance érotomane. Ce qui inquiétant c'est le plaisir que je ressens à me vautrer dans mes fantasmes, de m'endormir dans son image.
Et puis après la souffrance, toujours, forte, violente, souvent inspiratrice d'ailleurs. L'envie de se découper le coeur, de se couturiser les terminaisons nerveuses pour ne plus penser des choses pareilles.
Et ça recommence toujours et encore...
Je suis
morte. Je suis morte à l'intérieur. Je ne me souviens plus depuis quand je suis morte mais aujourd'hui je le sais. Je transporte mon cadavre chaque matin sur ces rails interminables et je semble
être la seule qui s'en rende compte. Des cheveux posés sur le crâne, deux yeux collés devant et tout le monde n'y voit que du feu. Mais je ne suis qu'un corps, une enveloppe.
Il y a longtemps que je veux écrire ici, parce que c'est définitivement un exutoire, un anonymat libérateur, une sorte de thérapie, même si je suis
persuadée que chaque blog l'est. Aujourd'hui, pas de cul, je préviens à l'avance, si vous cherchait du juteux et de l'anecdotique, ce ne sera pas pour cette fois-ci. Ce soir je vous parle de la
fonte des neiges.
Ces temps-ci je me sens tout le temps en colère. Je suis la plupart du temps une fille calme et j'estime qu'on ne devrait
se mettre en colère ou être de mauvaise humeur seulement pour les choses importantes. Je n'aime pas les gens qui sont toujours en train de se plaindre ou de critiquer tout ce qui jalonne leur
vie. Depuis quelques années j'évite d'élever la voix, de piquer des crises de nerfs, de pleurer, de piétiner pour des choses sans réelle importance. En fait, quand je suis en colère, je suis
incapable de maitriser mes larmes justement parce que c'est un sujet qui me touche. Donc je suis en règle générale une fille calme, posée, dynamique et enjouée.
